
Le 9 novembre 1989, des milliers de Berlinois de l’Ouest commencent à casser le mur à coup de pioches et de burins sous le regard des soldats de l’Est. Ces mêmes soldats qui quelques jours plus tard ouvriront de nouveaux points de passage entre la République Démocratique d’Allemagne et la République Fédérale d’Allemagne pour que ces deux entités ne fassent plus qu’un seul et unique territoire. Démarre alors la ruée vers l’Ouest…
Depuis cette chute, c’est un véritable ras de marée vers l’Ouest allemand qui s’est répandu. Les anciennes régions de la RDA ont subi une grave hémorragie démographique. La dépopulation dans les länder de l’ex-RDA s’est imposée comme un fléau. Depuis 1990, 1,8 millions d’Allemands de l’Est sur 16 millions d’habitants au total ont fui leur foyer pour rejoindre l’Ouest. Ils y voyaient alors un avenir plus paisible et plus sûr économiquement. D’ailleurs aujourd’hui, de nombreux habitants quittent encore l’Allemagne de l’Est pour s’installer dans les anciens territoires de l’Ouest. En 2008, ce sont quelques 136 500 personnes qui sont parties désirant plus que tout obtenir de nouvelles opportunités d’emplois. De ce fait, certaines villes de l’Est ont perdu jusqu’à 30% de leur population. Des quartiers entiers ont ainsi du être rasés et reconstruits dans l’espoir de réinventer de nouveaux lieux plus attractifs.
Vingt ans après la destruction du « mur de la honte », que reste-t-il côté Est ?
Pendant quarante ans, la République Démocratique allemande a refusé toute unité avec la République Fédérale d’Allemagne. Désormais il n’y aura plus jamais de mur entre ces deux entités, pourtant encore si distinctes. Malgré la promesse du chancelier Helmut Kohl faite aux Allemands de l’Est au lendemain de la chute du mur de voir « des paysages florissants », les niveaux de vie à l’Est et à l’Ouest attestent d’une inéquité.
Même si le passé ne doit plus empêcher l’Allemagne d’exercer sa puissance au sein de l’Europe, ses dirigeants constatent des disparités entre les régions. Depuis les années 1990, les länder d’Allemagne de l’Ouest auraient déversé plus de 1200 milliards d’euros pour que les régions Est soient remises sur pied. Mais la privatisation massive des entreprises est-allemandes par les grandes fortunes de l’Ouest, n’a pas laissé le temps aux petites usines de reprendre leur soufle. On constate aussi, assez effaré, que le niveau de vie en ex-RDA mesuré par le PIB (Produit Intérieur Brut) n’atteint que 70% de celui de l’Ouest.
En 2009, L’Allemagne a changé de visage. Même si des disparités persistent, il semble bon de penser que la réunification d’un pays longtemps mutilé est l’histoire d’une réussite. La chancelière allemande Angela Merkel (première allemande de l’Est à atteindre ce rang) a d’ailleurs confié que « le 9 novembre 1989 est le plus beau jour de l’histoire récente de l’Allemagne ».
Vanessa Ferrere
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