La Russie au centre des préoccupations américaines

Entamant une tournée de plusieurs jours dans les capitales européennes, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton devrait consacrer une part importante de ses interventions à replacer Moscou au coeur de la diplomatie d’outre Atlantique. Qu’il s’agisse du nucléaire iranien, de l’essor de la Chine ou de la lutte contre le terrorisme, le Kremlin est progressivement devenu un interlocuteur incontournable.

S’appuyant sur la participation de Moscou dans les négociations du groupe des six (concernant le dossier du nucléaire iranien), l’ancienne sénatrice de New York affirme vouloir remettre en place les relations russo-américaines. Le défi est de taille tant les points de divergence sont nombreux entre les deux puissances. Elle évoquera notamment la situation toujours tendue en Géorgie et l’avenir des provinces séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du sud. Autre aspect délicat des futures négociations, une participation pourrait être demandée à Moscou pour mettre fin aux attaques des talibans en Afghanistan. La Russie ayant récemment quitté le « front tchétchène », elle devrait être réticente à l’idée d’envoyer des troupes dans un pays que l’armée rouge avait évacué vingt ans plus tôt.

Devenus les apôtres du désarmement nucléaire, les Etats Unis espèrent voir infléchir la position russe quant à la situation de l’arsenal nucléaire de la Fédération. Initiée à l’occasion de la signature d’un accord historique devant, à terme, ouvrir la voie à de nouvelles relations entre la Turquie et l’Arménie, la tournée devrait également être l’occasion d’évoquer le Haut Karabakh. Cette région annexée par l’armée d’Erevan après une guerre de six ans est toujours réclamée par l’Azerbaïdjan. Bakou a d’ailleurs vivement protesté à l’annonce des accords entre Erevan et Ankara. A défaut d’une reconnaissance du génocide arménien perpétré il y a près d’un siècle par les troupes ottomanes, une main diplomatique pourrait être tendue à propos de la région disputée.

Au coeur d’une problématique complexe, les dossiers brûlants sont légion et Hillary Clinton devra s’armer du soft power vanté par la nouvelle administration Obama pour éviter un nouvel embrasement.

 

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