Moscou au chevet de l’économie serbe

La récente décision de Moscou d’annuler les crédits en faveur de Kiev et Minsk pourrait être motivée par un projet de soutien à l’économie serbe. Le gouvernement de Vladimir Poutine vient en effet d’annoncer qu’une somme approchant le milliard de dollars allait être injectée dans les finances de Belgrade. Lutter contre la crise et renflouer un pays allié, telle serait l’ambition du Kremlin.

L’agence de presse Interfax relayait lundi les déclarations du ministre de l’économie russe Alexeï Koudrine. Lors d’un déplacement à Istanbul (Turquie), celui-ci affirmait qu’un crédit serait bientôt accordé à la Serbie. Si les modalités et le montant du crédit restent à déterminer, il a précisé que ce prêt allait servir à couvrir le déficit budgétaire serbe à hauteur de 350 millions de dollars et que le reste serait investi dans des infrastructures, notamment le métro et le périphérique de Belgrade.

Cette décision intervient au coeur d’une visite du ministre serbe des affaires étrangères à Moscou. Vuk Jeremic doit rencontre son homologue Serguei Lavrov et préparer la venue du Président Dmitri Medvedev à Belgrade. En marge de ces préparatifs protocolaires, il s’est dit confiant quant à l’aboutissement de ce transfert de fonds.  »Nous nous attendons à une réponse positive de Moscou. Lors de la visite du président Medvedev, nous discuterons des formes concrètes pour mettre en oeuvre ce soutien, notamment en ce qui concerne des investissements dans les infrastructures de Serbie »

Le geste de Moscou est éminemment politisé. Face à la fronde (si faible soit-elle) menée par Alexandre Loukachenko, la Russie répond en accordant ses bonnes grâces aux amis fidèles. Aux pressions exercées via le réseau tentaculaire de Gazprom se sont sustitués des accords et des soutiens financiers. Le gouvernement russe prêchait d’ailleurs récemment sa cause et sa volonté d’indépendance et distinguant clairement ce qui correspond aux objectifs russes auprès du FMI; une manière d’affirmer que Moscou restait libre de ses choix dans l’attribution ou le retrait d’une aide à un pays tiers.

Loin d’être une simple économie ou la sanction inévitable à l’encontre du Président biélorusse Loukachenko, l’annulation de l’octroi de 500 millions de dollars à Minsk devait finalement annoncer d’autres mouvements. Mais au delà d’une décision financière, le Kremlin délivre un message clair à ses alliés ainsi qu’à son proche étranger. En temps de crise comme en temps de prospérité, la Russie reste un partenaire financier incontournable et gare aux imprudents tels qu’Alexandre Loukachenko.

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