
Fraichement nommé à la tête de Rusal, Oleg Deripaska est l’une des plus grandes fortunes du monde. Issu d’une famille modeste, c’est en quelques années qu’il a construit un empire industriel. Proche du Kremlin et de Vladimir Poutine, introduit dans les plus hautes sphères du pouvoir économique, Deripaska interpelle aussi bien par ses méthodes que par son parcours…
Son enfance est marquée par la pauvreté. Né le 2 janvier 1968, Oleg Deripaska vit dans une petite ville de Russie. C’est dans un panier qu’il découvre le monde, ses parents n’ayant pas les moyens d’acheter une poussette. La famille vit alors dans un minuscule appartement de 16m². Comment un homme aux origines si modestes a t-il pu construire une fortune estimée à 40 milliards de dollars (selon le classement 2008 de la revue russe Fortune – 28 milliards de dollars selon Forbes)? Les médias russes et les experts financiers le décrivent volontiers comme un homme impitoyable dans les affaires et disposant d’une capacité de travail illimitée. Illimitée? Le mot s’accorde également aux secteurs d’activité du businessman. Son empire s’étend aux télécommunications, transports (il est le propriétaire de l’aéroport de Sotchi, la ville des olympiades de 2014), la sidérurgie (il règne sur près de 50% du PIB du Monténégro depuis que le pays a privatisé une grande part de ses combinats industriels), BTP, automobiles… « M. Deripaska emploie des méthodes à la limite de «l’éthique oligarque» et sait nouer des relations avec n’importe qui », résume le politologue Stanislav Belkovski, de l’Institut national de stratégie, pour expliquer l’ascension fulgurante de l’homme d’affaires.Oleg Deripaska contraste avec d’autres grands oligarques, qu’il s’agisse de Roman Abramovitch ou de Boris Berezovski. Aucun autre grand capitaine d’industrie ne vient d’un milieu si modeste que lui.
Outre une succes story présentée par les médias nationaux comme l’incarnation d’un « nouveau rêve russe », la trajectoire rectiligne du jeune homme suscite des interrogations parmi les experts et des suspicions… L’homme rachète à 26 ans une usine d’aluminium à Sayansk (Sibérie) en récupérant les parts des ouvriers une à une. Afin de protéger son bien des pilleurs et des groupes mafieux qui frappent aux quatre coins de la Fédération, il préfère dormir près des fournaises. Il se lie par la suite à l’une des plus grandes fortunes du monde de l’aluminium. Mikhail Tchernoï, un puissant magna de l’industrie à la réputation sulfureuse. Le monde économique russe et plus particulièrement le secteur de la sidérurgie est alors en proie à une sanglante guerre de gangs et tchernoï y joue les premiers rôles. Barons rouges, jeunes oligarques ambitieux, parrains locaux… les grandes sphères d’influence des années 1990 s’affrontent pour s’octroyer les combinats cédés par l’Etat à un prix dérisoire. La privatisation suit son cours à un rythme soutenu et l’économie nationale bascule d’un monde à l’autre à marche forcée. Deripaska et Tchernoï se séparent vers 2000, date à laquelle le plus jeune profite des nombreuses failles de la législation pour faire main basse sur un nombre important d’entreprises. Ces manoeuvres lui valent d’ailleurs plusieurs procès desquels il sort indemne. Mieux, cette période lui permet de prendre la tête de Rusal grâce à des plancements « judicieux » et des comptes offshore… (l’ensemble est alors estimé à 30 milliards de dollars et placé sur des comptes à Jersey).
A contre courant du mouvement initié en 2000, l’oligarque de l’aluminium se rapproche du Kremlin. Mikhail Khodorkovski, propriétaire de Ioukos (dont les actifs seront absorbés par le Gazprom de Dmitri Medvedev) est alors poursuivi et officiellement « condamné » pour fraude et évasion fiscale, quant à Boris Berezovski, il préfère se réfugier à Londres afin d’échapper au même destin. Deripaska se montre généreux envers la Russie et investit des millards de dollars au nom d’un « dialogue constructif » entretenu avec le pouvoir. De pouvoir il est également question dans sa vie privée. Outre ses liens avec l’ancien président Poutine, il est également proche du clan Eltsine. Il se marrie avec la petite fille du défunt président Boris Eltsine. Dans une symbiose politisée avec le Kremlin, ses arcanes et son code, l’homme reste ambitueux. « Il est à la fois le plus discret et le plus actif de tous les oligarques, il ne s’est pas arrêté à son premier million de dollars, ni à son premier milliard et, visiblement, il va continuer », note Alexandre Poukhaev de la Deutsche Bank.
Malgré une perte sèche de plus de 20 milliards de dollars causée par la récente crise financière internationale, Oleg Deripaska devrait maintenir son influence sur l’économie russe. Côté finances, ses investissements massifs à Sotchi (plus de 5 milliards d’euros publics et privés doivent être dépensés dans les infrastructures) devraient lui garantir des bénéfices records en 2014 (année des Jeux Olympiques de Sotchi). Côté politique, le retour programmé de Vladimir Poutine (un allié puissant de l’homme d’affaires) ne fera que conforter sa position sur l’échiquier russe.
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Je ne crois pas que la femme de Deripaska soit la petite fille de Eltsine. Elle est la fille d’un proche de Eltsine oui, mais je doute que ce soit sa petite fille.
« Il épouse alors la petite-fille par alliance de Boris Eltsine. Un mariage réalisé après le départ du pouvoir du président russe, rétorque-t-il à ses détracteurs. Sa jeune épouse, Polina, avec laquelle il partage une passion pour le tennis, lui a donné deux héritiers. Depuis lors, le milliardaire, qui ne sort jamais sans ses gardes du corps, protège farouchement sa vie privée. »
source : Les Echos
Cordialement
Oleg Deripaska est marié à Polina Yumashev, la fille de Valentin Yumashev qui était lui-même le gendre de Eltsine. Ce qui fait d’elle la « petite-fille » par alliance et je ne suis pas certain que l’on puisse dire cela, puisque Tatiana Diatchenko, la fille de Eltsine, n’était pas la mère de Polina (Polina est issue du premier mariage de Yumashev).
Voilà pour l’arbre généalogique. Disons que Les Echos ont fait un raccourci !
Merci sur ces precisions sur le passe trouble de Deripaska.
Cela méritait d’être rappelé.
[...] le bi hebdomadaire Novaïa Gazeta. Ami intime de l’oligarque le plus puissant du moment Oleg Deripaska et ancien officier du KGB, Lebedev tente de rallier des partisants à l’aide d’un [...]
[...] de combinats nationaux mais d’évaluer les pertes, souvent abyssales, essuyées par Deripaska et ses concurrents. Malgré une perte de 7 milliards de dollars en 2008, Prokhorov est passé [...]