Dans un contexte de crise international où Moscou durcit sa politique d’exportation énergétique à l’encontre de nombreux pays, la Biélorussie fait figure d’exception. Régime allié pour certains, pays conquis pour d’autres, la nation d’Alexandre Loukachenko bénéficie des faveurs de Gazprom et de prix … défiant toute concurrence.
Une nouvelle guerre du gaz a été déclarée entre Moscou et Kiev. Comme en 2006, la Russie et l’Ukraine s’affrontent sur le terrain commercial à propos d’une hausse majeure des tarifs gaziers que Gazprom veut imposer à son client. Rupture des approvisionnements, coupures de réseaux électriques en Europe, accusations de manipulations… la crise semble prendre de l’ampleur et gagner l’espace Schengen. Près d’une dizaine de pays membres de l’Union Européenne ont constaté mardi une cessation des livraisons de gaz naturel russe. L’Autriche n’a reçu que 10% de ses commandes et la Bulgarie connait des difficultés à maintenir le courant dans certains quartiers de Sofia. La France est privée de 70% du gaz circulant dans les pipelines russo ukrainiens. GDF Suez a cependant assuré que ce manque serait facilement compensé…
Minsk (Biélorussie) ne risque pas de connaître le même sort. interlocuteur privilégié du groupe russe, le pays peut compter sur des tarifs bas. Le président Loukachenko s’était exprimé le 24 décembre dernier à ce propos. “Le prix pour le gaz livré à la Biélorussie va connaître une chute. Il va tomber de façon considérable: de 2,5 à 3 fois, et sera globalement abordable pour nous”, a annoncé Alexandre Loukachenko en visite dans la région de Brest Livotsk, sans préciser toutefois le prix exact. Au premier trimestre 2008, le prix pour Minsk était de 119,53 dollars les mille M3, alors qu’au deuxième trimestre il se situait à 127,9 dollars. Les autorités biélorusses ont affirmé l’été dernier que le prix du gaz approcherait de 200 dollars en 2009. On est encore loin des 445 dollars imposés à Kiev.
Plongé dans une crise financière grave, sortant à peine d’une période de troubles politiques, le pays éprouve des difficultés à honorer une dette de 2 milliards de dollars. Des négociations avaient été initiées par les deux parties afin de trouver un terrain d’entente sur un réglement. Le très actif Premier ministre russe Vladimir Poutine avait alors laissé jusqu’au 31 décembre 2008 pour que Kiev s’acquitte de la somme. Les tractations s’étant soldées par un échec, Gazprom aurait réduit le débit de son circuit afin que les seuls pays européens obtiennent leur gaz. Mais l’Union et ses proches voisins affrontent une pénuerie et se tournent à présent vers deux acteurs de la crise qui se renvoient la responsabilité. Qui croire? Aucun système de mesure n’a été installé aux frontières russes et ukrainiennes. Il est donc impossible d’obtenir un chiffre fiable sur les quantités de gaz passant d’un pays à l’autre.
Deux pays, deux orientations politiques différentes. La Biélorussie et l’Ukraine pourraient incarner les options diplomatiques russes. L’un est soutenu économiquement, militairement et politiquement (on évoque même un passage au rouble), le second doit composer avec des exigences accrues de la part de son ancien suzerain.
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Bonjour,
merci pour ces infos. J’ignorais que la Biélorussie bénéficiait de tels traitements de faveur. On relativise un peu les arguments russes dans le conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine.
Merci pour cet article instructif.
Il faut néanmoins aussi relativiser du côté Ukrainien, il me semble. Eux aussi avaient des prix privilégiés.
Si j’ai bien compris, c’est Gazprom qiu avait 230 dollars à l’Ukraine, qui voulait plutôt 201…alors, Gazprom a décider que l’Ukraine paierai au tarif Européen…c’est quand même plus commercial que politique (c’est mon avis personnel)
Dans un conflit, il faut être deux. La faute ne revient-elle pas aussi (j’ai bien écrit aussi) au gouvernement Ukrainien qui cherche un prétexte pour que ce soit l’Europe qui paie sa dette ? ? ?
Comme je l’ai déjà écrit, en France, si on ne paie son gaz, ses dettes…gaz de France ne fait pas dans le détail : elle coupe !
Quand à favoriser des gouvernements qui ne ne nous sont pas hostile, c’est une attitude humaine que tous les pays font !
Ce n’est pas reprendre les arguments du Kremlin que de dire que la révolution Orange en Ukraine n’a pas apporté grand chose au pays, et qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire pour la démocratie. Mais dans tous les pays, il y a du chemin à faire pour la démocratie.
Je suis sûr qu’il va bientôt avoir un accord.
Voilà ce que m’inspire ce conflit gazier
Ce qui me dérange un peu dans cette crise c’est le caractère incontestable des tarifs appliqués par Gazprom. Quelle différence y a t’il entre Minsk et Kiev si ce n’est la politique. L’un est resté dans la sphère d’influence russe, avec tout ce que cela comporte en échanges de bons procédés. L’autre a basculé il y a quelques années dans un autre monde. Pro européen et candidat à l’OTAN. Autant de menaces pour le proche étranger russe.
En ce qui concerne la démocratie, il est clair que l’Ukraine a encore quelques progrès à faire. J’en veux pour preuve la récente passe d’armes entre Iouchtchenko et Timochenko. Le président accuse son premier ministre de corruption alors qu’elle fait voter des réformes “contre le pouvoir présidentiel ‘(selon lui).
Il y a une légère différence entre un abonné gdf et un pays comme l’Ukraine. Le premier ne représente pas grand chose (en terme d’image et de finances). il peut, à ce titre, être évincé simplement et rapidement. Cela arrive d’ailleurs plus fréquemment qu’on ne le croit (et pas toujours dans les périodes prévues). Pour un pays, la situation devient géopolitique et plus complexe.
En ce qui concerne le fait de favoriser un pays allié, c’est en effet une attitude humaine, encore faut il le dire clairement et franchement.
Merci pour votre participation
C’est justement parce que Poutine est clair et franc dans ses paroles, que je pense que c’est commercial avant d’être politique.
la preuve
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/07/01011-20090107FILWWW00455-gazpoutine-arreter-les-livraisons.php
Je ne suis pas une fan de Poutine, mais au moins, ce que j’apprécie avec lui, c’est que l’on sait à quoi ce tenir !
Personnellement, couper le gaz à une personne qui ne représente pas grand chose me parait plus lâche que de couper le gaz à un pays…d’autant que comme il accuse l’Ukraine de voler du gaz (je ne sais pas si c’est vrai, mais ne soyons pas naif, elle en a les moyens) , gazprom à arrêter le gaz transitant en Ukraine pour l’Europe…sans préavis.
Si je fais une fixation sur l’Ukraine, c’est qu’elle tire son épingle du jeu : elle peut présenter la Russie comme un partenaire peu fiable, quelqu’un d’autre pourra peu-être payer la dette, les pro russes Ukrainiens seront moins pro-russes …
Mais des deux côtés, on a tout à perde, c’est pour cela qu’une solution sera trouver
C’est possible. Quoi qu’il arrive, ce conflit est négatif pour tout le monde.
On ne sait pas vraiment si l’Ukraine vole du gaz aux russes ou si ces derniers manipulent les chiffres. Aucune jauge n’est installée à la sortie des réseaux. ce qui est plutôt surprenant je trouve.
Le problème de l’Ukraine et ce qui me pousse à penser que Kiev ne tire pas grand bénéfice de la situation c’est que son économie est dans un sale état et que son systême poltiique se relève avec grand peine d’une grosse crise. Tout cela combiné place l’actuel gouvernement (j’y associe le président Iouchtchenko) dans une très mauvaise posture. Les prochaines élections présidentielles sont prévues à la fin de l’année ou au début de 2010 et je parie que ce mois de janvier pèsera lourd dans les débats.
Ce que vous dites n’est pas faux du tout !
Mais bien se dire que le gouvernement Ukrainien n’a pas besoin de la Russie pour se discréditer vis–vis des Ukrainiens, et qu’il normal que Gazprom réclame sa dette, car l’économie Russe ne va bien elle aussi.
Sur le site du journal lemonde, j’ai lu un article qui affirmait que c’est la Russie qui tire son épingle du jeu car elle montre l’Ukraine comme un partenaire peu fiable, et elle peu trouver un argument pour le Gazoduc North Stream…la encore, c’est possible, mais je reste perplexe : je doute que des pays comme la Suéde ou le Danemark fasse passé la sécurité énergétique avant l’écologie (les pays scandinaves sont réputés pour être des champions de l’écologie), et puis, dans cette affaire, chacun des deux parti peu-être présenté comme pas fiable.
En fait, on ne sais pas grand chose car les les relations Russie Ukraines au sujet du gaz sont opaques…
Exactement! Le terme “Opaque” est au centre de cette crise. Aucun moyen pour les clients europ”ens de vérifier les versions russes et ukrainiennes. Aucun moyen de contrôle et finalement peu de moyen de pression.
L’argument soulevé par le Monde me parait plausible. Les réseaux alternatifs contournant l’Ukraine et les Pays baltes (que Moscou n’apprécie que modestement) apparaissent aujourd’hui comme une solution intéressante et sure pour les clients que nous sommes.
Le Danemark et la Suède cèderont de bonne grâce devant l’insistance de l’Union Européenne. Je ne pense pas que l’écologie compte dans ce genre de dossiers. Vous n’imaginez pas la gravité de la situation écologique sur certaines portions des pipelines russes, centre asiatiques ou africains.
Fantastic work!
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