Russie/Europe : rencontre au sommet à Nice

Nice accueillait ce vendredi un sommet crucial. représentants européens et russes ont évoqué la crise financière, les moyens de la résorber et tenté de renouer un dialogue détérioré depuis le conflit géorgien d’aoüt dernier.

Relancer la croissance alors que plusieurs pays jugés stables se déclarent aujourd’hui en récession, les objectifs sont précis et le défi s’annonce délicat. Nicolas Sarkozy, chef de l’état français et président de l’Union jusqu’en décembre, s’est prononcé pour une alternative monétaire.  » Le dollar ne doit, ne peut pas assumer seul le rôle de monnaie mondiale », estimait-il lors d’une réunion tenue en présence d’investisseurs et de décideurs du secteur financier. Ces propos sont confortés par l’argumentaire de Dmitri Medvedev, actuel maître du Kremlin. Ce dernier vient d’annoncer une série de réformes visant  à imposer le rouble parmi les valeurs les plus robustes de la région. La crise a trouvé son prolongement dans l’économie réelle en Russie. Le MICEX et le RTS, les deux principaux titres de la plac boursière moscovite, ont dû suspendre leurs cours à de nombreuses reprises afin d’éviter un crash. Certains des groupes les plus en vue du marché ont perdu des milliards d’euros dans la panique et les entreprises les plus modestes voient leur fonctionnement mis en péril par l’incapacité des banques à financer des prêts. L’ancien président du Directoire de Gazprom vient d’autre part d’appeler les protagonistes du sommet à une plus grande coopération.

Outre le contexte boursier, les chefs d’Etats sont revenus sur les multiples points d’opposition séparant russes et européens. le projet de l’administration Bush, consistant à installer un système anti-missile en Pologne et en République Tchèque, avait dégradé les relations Est-Ouest. Le ministre russe des affaires étrangères, Serguei Lavrov, s’était exprimé à plusieurs reprises à ce propos en évoquant une menace directe pour la sécurité de la Russie. Vladimir Poutine ayant même annoncé une « réponse » au système de Washington et parle du positionnement de missiles longue portée dans l’enclave de Kaliningrad. L’insurrection des provinces géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du sud avait une nouvelle fois tendu les relations entre Moscou et Bruxelles. Le corps diplomatique international avait répondu par des protestations à l’incursion russe et à l’intervention de l’armée de Géorgie. La volonté des participants semble claire. Si tout n’est pas réglé, les 27 sont prêts à reprendre des négociations suspendues depuis l’été mais une troisième voix pourrait apporter la contradiction. Le gouvernement de Mikhail Saakachvili proteste vivement contre ce rapprochement.

Dans l’apparente effervescence des retrouvailles, les pourparlers dépendent d’un facteur encore inconnu. Le peuple américain vient d’élire un nouveau président dont la ligne diplomatique reste à définir.

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