Les défis diplomatiques du président Obama

A peine élu à la tête de la première puissance mondiale, Barack Obama réfléchit déjà à la résolution des grands maux que connait le pays. S’il semble déterminé à résorber la crise financière qui secoue les Etats Unis, il devra faire face à un nombre importants de défis diplomatiques. L’Amérique Latine, l’Iran, la Chine, la Russie sont autant de problèmes épineux à étudier.

5 novembre 2008, les Etats Unis vivent l’une des pages les plus importantes et les plus puissantes, en terme de symbolique, de leur histoire. Barack Obama, sénateur noir de l’Illinois vient d’être élu président des Etats unis d’Amérique 40 ans après l’assassinat de Martin Luther king; A peine un siècle après l’abolition de l’esclavage sur le territoire… C’est d’autre part la fin d’une des périodes les plus sombres de l’exécutif. Les deux mandats de l’administration Bush auront réduit la marge de manoeuvre de Washington et son image s’est grandement détériorée depuis une invasion de l’Irak appuyée par des arguments douteux. Colin Powell, alors secrétaire d’Etats, avait plaidé devant l’assemblée générale de l’ONU pour l’intervention et avait évoqué la menace, toujours non vérifiée, d’armes de destruction massive sur le sol irakien. En froid avec des puissances émergentes d’Amériques du sud telles que le Vénézuela, le Pérou et la Colombie, entretenant des rapports plus que froids avec la Fédération de Russie, les Etats Unis sont de plus en plus discutés dans leur rôle de “gendarme du monde”.

Les résultats officiellement dévoilés, différents chefs d’Etats et de gouvernements félicitent le nouveau président américain. Nicolas Sarkozy, double président de la France et de l’Union Européenne, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Gordon Brown font paraître des communiqués dans lesquels ils rendent hommage à l’homme nouveau. Dans le même temps, Dmitri Medvedev, le président russe affirme que des missiles seront installés à Kaliningrad en réponse au projet de dispositif anti missiles américain. Si la ficelle diplomatique est énorme, le message est clair et s’adresse directement au nouveau locataire de la Maison Blanche. L’actuel (pour combien de temps?) maître du Kremlin inciterait, par cette décision, son interlocuteur à renoncer au projet de Georges Bush. Mais l’affaire est-elle aussi simple à régler? Plusieurs gouvernements européens dont la Pologne et la République Tchèque se sont alignés sur la stratégie atlantiste et Moscou ne saurait oublier cet affront.

Autre partie du monde, autre problème pour la nouvelle équipe présidentielle. Habitué à entretenir d’étroits rapports avec son sud (comme Moscou le fait avec son proche étranger), Washington a peu à peu desseré l’étau autour des gouvernements d’Amérique latine. Si certains fidèles se sont maintenus comme M. Fox à Mexico et Uribe à Bogotà, la région a vu s’accroitre l’emprise de pouvoirs socialistes, bolivariens et marxistes. Michèle Bachelet, chef de file de la gauche démocratique chilienne s’est imposée en 2006 à Santiago tandis que Hugo Chavez renforçait son statut de leader à Caracàs. Ce dernier s’illustre d’ailleurs comme l’un des meneurs d’une fronde mondiale contre “l’impérialiste yankee” aux côtés du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Dans une zone qui semble devoir basculer durablement à gauche, Rafael Correa, incarne cette nouvelle génération de leaders socialistes. Ayant fait des études d’économie dans des universités d’Europe (Louvain) et aux Etats Unis (Illinois), il revient à Quito pour enseigner les sciences économiques et se joindre à l’équipe du vice président de l’époque Alfredo Palacio. Ce jeune et séduisant dirigeant est très éloigné d’un modèle de combattants comme Fidel Castro.

Lors de sa première conférence de presse, survenue ce samedi, Barack Obama, a confirmé ce que tous imaginaient : il ne transigera pas avec le nucléaire iranien. Selon lui, des efforts devaient être menés sur le plan international pour empêcher l’Iran de mettre au point une arme nucléaire. Demandant à Téhéran de cesser de soutenir des organisations terroristes, il a cependant assuré être prêt à engager des pourparlers directs. La veille, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait appelé le prochain locataire de la Maison blanche à mettre en oeuvre une politique “plus juste” au Proche-Orient. Encore une fois, les principaux adversaires de la politique (récente) des Etats Unis s’illustrent. La Russie commerce avec le régime des Mollahs et Pékin bloque les résolutions proposées lors des réunions du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Une action déterminée sur la crise que traverse l’économie américaine, et par extension l’économie mondiale, ne peut s’effectuer sans prendre en compte un dernier facteur. La République Populaire de Chine est le principal bailleur de fonds en direction de Wall Street. Pékin pourrait faire jouer la puissance mésestimée du Huan pour dompter une hypothétique remontée de Washington. La monnaie chinoise, dont les cours se fixent sur celui du dollar,  devrait être réévaluée à la hausse. Certains experts pensent qu’elle devrait fortement augmenter (plus de 8 fois sa valeur actuelle). ce qui ferait de l’Empire du Milieu la première puissance économique mondiale devant les Etats Unis…

 

Pour en savoir plus, je vous conseille de vous référer au travail de M. Arnaud Hoyois sur :

http://www.quindiblog.eu/log/2008/11/quindi-la-premi.html

Barack Obama avec son conseiller

2 réponses

  1. Superbe billet, notamment les infos sur Correa, voici un complément ;-) :
    http://www.quindiblog.eu/log/2008/11/quindi-la-premi.html

  2. L’Amérique latine, notamment le Vénézuela, le Pérou, la Bolivie comme cités dans le billet devront faire l’objet d’intenses relations diplomatiques, afin de rapprocher la puissance américaine des pays sudaméricains, qui ont connu très récemment de graves tensions, notamment du fait de l’interventionnisme et la facon de manoeuvrer qu’a mise en oeuvre l’administration Bush. Dans ces relations, les ressources énergétiques sont particulièrement essentielles aux yeux de Washington.

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