La Russie se réveille aphone

Star adulée sous l’ère soviétique, la chanteuse Lioudmila Zykina est décédée mercredi  à l’âge de 80 ans. Respectée dans tout le pays, elle était le porte voix d’une chanson populaire de l’Union Soviétique et restait très populaire. Elle aurait succombé à une crise cardiaque.

Aussitôt l’annonce de la mort de Lioudmila Zykina faite, de nombreuses personnalités publiques, des arts et de la politique se sont manifestées.  Le président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre, Vladimir Poutine ont salué tous les deux une “artiste populaire”. “Pour des millions de citoyens de notre pays, elle représentait la Russie, et pour le monde, elle était un symbole de notre culture nationale”, a réagi M. Medvedev dans un communiqué. M. Poutine a lui jugé que “dans les chansons de Lioudmila Zykina se reflétait la profondeur du caractère russe, sa force, sa beauté, la générosité de son âme”. “Contrairement à nombre de ses collègues, Lioudmila Zykina a toujours fait preuve de mesure et de goût. Ses chansons étaient toujours au-delà de toute critique”, a réagi le célèbre baryton russe Dmitri Khvorostovski, cité par l’agence Itar-Tass.

Née à Moscou en 1929, elle a débuté sa carrière à la faveur d’une victoire lors d’un concours de chant de dimension nationale. Elle a notamment chanté devant Staline au sein d’un coeur. Recconnaissable par sa voix grave et puissante, elle a traversé l’ère soviétique et son succès a perduré après l’effondrement du bloc communiste. L’amour de la chanson, la passion des partitions, Lioudmila les a reçus en héritage. Elle est en effet issue d’une famille musicienne. Dans ma famille tout le monde chantait. Mon père avait une voix de basse. Ma mère aussi avait une assez belle voix. Mais c’est ma grand-mère Vassilissa qui m’a appris mes premières chansons populaires”, avait-elle raconté lors d’une conférence de presse le 12 mai, rapporte Itar-Tass.

Les obsèques de la chanteuse seront célébrés au cimetière historique de Novodevitchi de Moscou le 4 juillet prochain. Si de nombreuses personnalités pourraient faire le déplacement, nul doute que la rue moscovite rendra hommage à l’une de ses plus grandes voix.

Russiactu Prime partenaire officiel de Liberty Foot

Russiactu Prime devient le partenaire officiel de Liberty Foot. Ce site de débats, d’analyses et de vista footballistique est animé par un fin connaisseur Nicolas Bernard.

Ce site propose des chroniques certes éloignées des notres (Arshavin ne peut pas truster les colonnes indéfiniment) mais il se démarque de la concurrence par sa qualité et la justesse de ses articles et c’est dans cet esprit que l’équipe de Russiactu Prime s’est fait un devoir d’en parler. N’hésitez pas à visiter Liberty Foot, un site résolument décalé où bons mots valsent avec l’exactitude des statistiques.

www.libertyfoot.com

Agressé, un journaliste russe succombe à ses blessures

 

Agressé le 30 avril dernier près de son domicile, Viatcheslav Iarochenko vient de décéder. Il était rédacteur en chef d’un journal d’investigation basé à Rostov sur le Don, la capitale de l’Oblast de Rostov.

Connu dans le milieu des médias russes pour son franc parler, l’homme de 63 ans avait publié une série d’articles incendiaires traitant de “corruption au sein du gouvernement local” avant son agression. “Il a été attaqué à cause de son travail, je n’en ai pas le moindre doute”, a déclaré Sergueï Sleptsov, l’adjoint de Iarochenko, au site kasparov.ru. “Notre journal compte huit pages, dont sept sont consacrées à la corruption au sein des agences de maintien de l’ordre.” Le classement annuel du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) place la Russie au troisième rang des pays les plus meurtriers pour le journalisme derrière l’Irak et l’Algérie. Le pays est également l’un de ceux où les assassinats de journalistes sont le moins résolus.

 Proche de la Tchétchénie, de l’Ingouchie et du Daghestan, la région de Rostov est également le point de convergence de nombreux intérêts économiques. La cité balnéaire de Sotchi accueillera les Jeux Olympiques d’Hiver en 2014 et les investissements financiers devraient être à la hauteur de l’évènement. LE CIO ayant désigné un espace quasiment vierge pour accueillir la plus grande manifestation sportive du monde, tout reste à construire. Plusieurs sources prévoient une dépense de 314 milliards de roubles (12 milliards de dollars) et cela malgré la crise qui a durement frappé l’économie de la Fédération de Russie.

En 2009, 26 journalistes ont été tués dans l’exercice de leur fonction et 169 sont emprisonnés dans le monde. Objets de marchandage politico économique, d’espionnage et de dellation, 70 cyberdissidents sont séquestrés.

Serguei Lavrov rencontre le chef exhilé du Hamas

Actuellement en visite officielle en Syrie, le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov, a rencontré Khaled Mechaal. Exhilé à Damas, le leader du Hamas est recherché par les autorités de plusieurs pays dont Israël. Investie dans les négociations de paix au Proche Orient, la Russie semble chercher à renouer le dialogue avec le groupe gazaoui.

Moscou n’a jamais cessé de dialoguer avec le Hamas. Lors d’une visite en Cisjordanie, Serguei Lavrov avait plaidé pour que le Fatah et son rival surmontent leurs divergences. ”Les évènements ont prouvé que nous avions raison d’entretenir de tels rapports puisque plusieurs pays occidentaux reconnaissent désormais que boycotter le Hamas a été contreproductif”. Cette visite intervient au moment où le Kremlin milite activement pour l’organisation d’une conférence internationale centrée sur la situation palestinienne. Mais les Etats-Unis et Israël n’ont pas accueilli cette offre avec enthousiasme contrairement aux Palestiniens avec qui Moscou entretient de bonnes relations depuis l’époque soviétique.

Tel Aviv multiplie les initiatives afin de faire évoluer la situation. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu souhaite en effet mettre fin aux nombreuses colonies sauvages implantées en Cisjordanie. “Nous allons déployer tous les moyens nécessaires pour mettre fin au phénomène des implantations sauvages qui nous cause un énorme préjudice”, a déclaré Mathan Vilnaï, vice-ministre de la défense,  à la radio de l’armée. Dans le même temps Avigdor Lieberman, ministre des affaires étrangères et représentant de l’extrême droite israélienne s’est prononcé contre un retour aux frontières de 1967, affirmant que cela ne résoudrait rien. “Aujourd’hui, un retour aux frontières de 1967, comme on nous presse de le faire, ne mettrait pas fin au conflit  et ne garantirait ni la paix, ni la sécurité”, a déclaré M. Lieberman aux journalistes avant la séance hebdomadaire du cabinet israélien à Jérusalem. “Cela reviendrait simplement à déplacer le conflit à l’intérieur des frontières de 1967″, a-t-il ajouté.

Serguei Lavrov doit poursuivre sa visite au Moyen Orient par une escale au Liban. Alors que les conclusions de l’enquète sur le meurtre de Rafiq Harriri désignent clairement le Hesbollah comme commanditaire, le ministre russe souhaitera t-il réitérer sa démarche gazaoui auprès de Hassan Nasrallah?

South Stream : un accord russo slovène met la pression sur Kiev

La Slovénie et la Russie s’apprêtent à signer un accord sur le projet de pipeline South Stream. Vitale pour Ljubjana, garantie de livraisons ininterrompues pour Moscou, la nouvelle résonne comme une nouvelle injonction à coopérer lancée en direction de Kiev. L’établissement du réseau sud de Gazprom permettrait alors au groupe de contourner l’Ukraine.

Passant sous la Mer Noire et par les Balkans, le pipeline South Stream est âprement défendu par Moscou. Le projet présente en effet plusieurs avantages : économiques et politiques. Ouvrir la voie à des exportations vers le sud de l’Europe permettra de conclure d’importants contrats dans les balkans et vers la Méditerrannée. Bien que densément occupée par les divers réseaux d’acheminements, la région est au coeur d’une lutte d’influences. Qui de Nabucco ou de South Stream remportera la course vers la grande bleue? L’installation durable de Nabucco constituerait une menace réelle pour l’hégémonie russe. Soutenu par l’Union Européenne, le projet relierait l’Iran aux principaux pays membres de l’UE sans passer par la Fédération. Bruxelles y voit un moyen de diversifier ses approvisionnements et de s’émanciper de la tutelle énergétique de Moscou.

A peine sorti d’un grave conflit diplomatique ayant conduit à la rupture pure et simple des approvisionnements de gaz naturel russe, Kiev semble devoir replonger dans des méandres qui portèrent, en janvier 2009, l’économie ukrainienne dans une situation précaire. Les clients européens de Gazprom avaient alors protesté contre une pratique qui prendrait, à terme, leurs industries, leurs finances et leurs sociétés en otage. Durement touchée, la Hongrie dépend à 80% du gaz russe et se mobilise pour voir abouttir le projet Nabucco. La Slovénie précise que “nous signerons (un accord). Elle a décidé de participer (au gazoduc South Stream). C’est un projet important pour nous”, a indiqué M. Lahovnik à des journalistes lors d’un point de presse conjoint avec le ministre russe de la Communication et des Média Igor Shchegolev.

Déjà isolé dans le système économique de sa région, l’Ukraine pourrait voir l’un de ses rares points d’influence s’évanouir avec l’érection de South Stream. Le pays est désormais face à ses choix et responsabilités à l’heure où le Parti des régions (pro russe) de Viktor Ianoukovitch gagne du terrain aux dépends des pro européens de Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko.