Russiactu Prime, partenaire officiel de la conférence “Mur de Berlin” de l’ESJ Paris

Communiqué de pressen69812356144_7326

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Novembre 1989 – novembre 2009…

Vingt ans après la chute du Mur de Berlin, l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris organise une grande conférence le 26 novembre 2009. Evoquer le rôle des reporters au cours de ces heures historiques, confronter les témoignages, les expériences, dresser un bilan vingt ans après la réunification de l’Allemagne et l’effondrement de l’Union Soviétique, les experts présents pourront échanger avec de jeunes journalistes. 

La conférence sera animée par Pierre de Vilno, journaliste et chroniqueur sur Europe 1 et TF1.

Quatre experts au pied du mur

Journaliste, ancien directeur de la rédaction du Monde, spécialiste des relations internationales et responsable du site Boulevard-extérieur.com, Daniel Vernet est également l’auteur de nombreux ouvrages traitant d’une actualité souvent mouvementée. De l’indépendance du Kosovo aux relations russo-allemandes, du déclin de la social-démocratie aux spéculations persanes, il se passionne pour les multiples aspects de la géopolitique mondiale. Son dernier livre, 1989 – 2009, les tribulations de la Liberté, pose une question centrale en cette période. Que reste t-il de l’élan d’espoir suscité par l’effondrement du mur ?

 

Envoyé spécial du Monde lors du soulèvement de Budapest en 1956, éditorialiste de RFI jusqu’en 1994, écrivain, chroniqueur, Thomas Schreiber, a également codirigé la série l’Europe centrale et orientale  publiée à la Documentation Française dans laquelle il propose des analyses pointues sur une région en mutation constante. Auteur prolifique, il signait en 2000 un volume abordant la politique française en Europe de l’est ainsi qu’une biographie du dictateur albanais Enver Hodja.

 

Titulaire d’un doctorat MGIMO et d’une maîtrise de journalisme de l’Université de Moscou, Alexandre Melnik est également spécialiste des marchés émergents d’Europe de l’Est, de management interculturel et de géopolitique. Conférencier au Conseil Européen, à l’UNESCO, à l’Assemblée Nationale, à Sciences Po et la Sorbonne, l’auteur de nombreux articles dans les médias français et européens fut le responsable du service de presse au Ministère des Relations Internationales d’Union Soviétique.

 

Ancien correspondant du Monde à Moscou, ex-directeur adjoint de la rédaction et chef du service politique, Thomas Ferenczi appartient au comité scientifique de la société pour l’Histoire des médias. Sensible aux questions européennes, il est l’auteur d’ouvrages tels que Pourquoi l’Europe ?  paru en 2008 aux éditions André Versaille et l’Europe édité dans la collection  J’ai Lu en 2004.

 

 

Pour plus d’informations sur cette conférence, n’hésitez pas à contacter la rédaction de Russiactu Prime.

La chute du Mur de Berlin : “le jour où le peuple retrouva sa liberté”

A l’approche des anniversaires commémorant de grands événements historiques tels que la chute du mur de Berlin, certaines archives sont présentées aux médias. Revue de presse…

Le Point.fr s’en fait l’écho. Dans un article, publié le 28 octobre dernier, le site-web de l’hebdomadaire révèle que la « France ouvre ses archives diplomatiques sur la chute du Mur de Berlin ». Ces documents confirment que « Paris n’a compris que tardivement l’imminence de la réunification. En octobre 1989, une analyse de la “question allemande” réalisée par le Quai d’Orsay indique que celle-ci “ne paraît pas en ce moment réaliste” ». Margaret Thatcher se montrait quant à elle sceptique face aux bouleversements du début des années 90 : « “La réunification de l’Allemagne n’est pas dans l’intérêt de la Grande-Bretagne et de l’Europe de l’Ouest”, affirme (t-elle) à Mikhaïl Gorbatchev lors d’une rencontre à Moscou en septembre 1989 ».

Alexis Brézet : « le coup de pioche décisif dans le Mur ? »

Les anniversaires donnent l’occasion de repenser l’Histoire. ZDF, la deuxième chaîne allemande révèle un scoop sur la chute du mur. La première brèche, le 9 novembre n’est pas celle que l’on croit, rapporte Anne Joncteur Monrozier sur France Info, textes et vidéos à l’appui sur le site-web. Les premiers passages à l’ouest auraient eu lieu dans le sud de la ville, à la poste-frontière de la Waltersdorfer Chaussee et non à la Bornholmer Strasse vers 22h30.

Alexis Brézet se questionne dans un édito du Figaro-Magazine du 31 octobre sur l’origine de la chute du mur : « Qui a donné le coup de pioche décisif dans le Mur de la honte ? Alexandre Soljenitsyne, l’ancien soldat de l’Armée rouge condamné à la déportation (…)? Jean-Paul II, le pape slave du «N’ayez pas peur !», qui, en 1979, devant des foules immenses, osa défier le régime soviétique et traça la route à l’épopée de Solidarnosc et de Lech Walesa ? Ronald Reagan (…) qui, un jour de juin 1987, devant la porte de Brandebourg, ne craignit pas d’ordonner : «Monsieur Gorbatchev, abattez ce mur !» ? »

La Chine censure  

Les témoignages sont fréquents dans les médias. Y compris des anonymes, qui ont la parole au Nouvel Observateur : “vos souvenirs de la chute du mur de Berlin”, le 6 novembre dernier.

On apprend d’ailleurs que la Chine a censuré un site dédié à la chute du mur. Marie Simon de l’Express écrit le 30 octobre que les autorités ont coupé l’accès à berlintwitterwall.com, car on y faisait référence au mur chinois de « la censure ».

Les hommes politiques n’y échappent pas. Le site-web “Toute l’Europe” interroge le député hongrois György Schöpflin qui raconte : « je suis allé à Berlin cinq jours après (la chute) (…) C’était absolument passionnant. Je me rappelle précisément les allemands de l’Est déambulant dans les rues. On les repérait tout de suite. Ils étaient beaucoup plus pauvres,  on le voyait à travers leurs vêtements, leurs chaussures, leurs dents. Ils avaient l’air choqué et flânaient regardant l’Ouest, l’irréalité de la chose. Voir l’Ouest pour la première fois fut un important choc culturel pour eux. »

Lech Walesa : « on parle trop du mur » de Berlin

La chute du mur n’était pas pour tout le monde un événement majeur en soi, comme l’explique à l’Express le 30 octobre, Lothar de Maizière, à la tête du premier et dernier gouvernement démocratiquement élu de la République démocratique allemande (RDA), en mars 1990. Il n’était pas « dans un état d’euphorie » ce jour-là. « Plus émouvant fut le concert donné un mois et demi plus tard au Schauspielhaus de Berlin, le 25 décembre, par Leonard Bernstein. Lorsqu’il a fait chanter l’Hymne à la joie en remplaçant le mot “joie” (Freude) par le mot “liberté” (Freiheit), j’ai pleuré comme un enfant » Lech Walesa, interrogé par le Figaro Magazine du 31 octobre donne son analyse sur la chute du communisme : le mur « n’est pas tombé parce que les Allemands de l’Est se sont enfuis en 1989. C’est une légende. Cela fait vingt ans que l’on parle beaucoup trop du mur. Ce n’est pas 1989 mais 1980, quand les grèves ont commencé en Pologne. (…) Les Polonais n’avaient plus peur ! Ils avaient entendu le message de Jean-Paul II qui leur avait précisément dit : «N’ayez pas peur ! ».

Angela Merkel  révèle à la presse comment elle a vécu la chute du mur. Le Figaro du vendredi 6 novembre publie ses confidences. Cette femme qui n’était à l’époque que physicienne « s’engouffra par la brèche ouverte dans le mur de Berlin avec des milliers d’anonymes, ivres de joie, par le point de passage de la Bornholmerstrasse », peu avant minuit en rentrant d’un sauna avec une amie. A Moabit (quartier de l’ouest), on lui aurait « offert des bières ». Le supplément hebdomadaire du Figaro publie le 30 octobre un portrait de Helmut Kohl, le « chancelier de l’unité » et « anti-communiste », écrit par Jean-Marc Gonin, un grand reporter qui était correspondant de Berlin au moment des faits. Celui-ci fait partager ses souvenirs sur le Figaro.fr, dans une vidéo le 5 novembre. Et raconte que tous les journalistes sur place, « pris par surprise », « pleuraient ». Selon lui, rien de tel qu’un « peuple (qui) retrouve la liberté ».

Les Ossies et les Wessis

Evidemment, les intervenants reviennent sur les différences entre Berlinois de l’Est et l’Ouest. Lothar de Maizière raconte une anecdote : « lorsqu’un chauffeur de bus parle, l’on sait à son dialecte s’il vient de Lichtenberg (Est) ou de Steglitz (Ouest) ». Et révèle un tic de langage : « Voilà deux ou trois ans, je disais encore: “Je vais “drüben” [de l'autre côté, selon l'expression consacrée à l'époque du Mur], lorsque j’allais retrouver un ami sur le Ku’damm, la grande artère de l’Ouest »

Le Figaro Magazine du 31 octobre pose enfin la question de la différence à un sociologue allemand, Thomas Ahbe : « A la réunification, les «Ossis» (les Allemands de l’Est), ont dû changer leur entière existence, de leur vie quotidienne à leur identité. Ils ont dû accepter des vérités douloureuses et apprendre à tenir un discours politiquement correct sur la vie en RDA. Ils ont dû devenir normaux, c’est-à-dire comme les Wessis, les Allemands de l’Ouest, (qui ont du mal) à accepter le regard que peuvent porter les Allemands de l’est sur la RDA. Si les Ossis ne critiquent pas suffisamment la Stasi, la répression d’Etat ou défendent des aspects de l’histoire de la RDA, on les taxe ‘ d’Ostalgie’. »

Philippe Lesaffre

 

L’Ukraine règle ses dettes gazières

L’Ukraine vient de rembourser sa facture de gaz pour octobre. Le Premier ministre Ioulia Timochenko annonçait ce matin qu’une somme de 500 millions de dollars avait été débloquée pour faire face aux engagements pris envers les fournisseurs russes de Kiev.

“Aujourd’hui, nous avons payé une nouvelle somme de 500 millions de dollars à la Russie”, a déclaré IouliaTimochenko en visite à Marioupol.  La société ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz avait reconnu mercredi avoir du mal à payer pour les livraisons de gaz russe en octobre, faisant ressurgir le spectre d’un conflit gazier entre les deux pays.  Ioulia Timochenko a insisté sur le fait que le paiement avait été effectué “en dépit du blocus de la part de la Banque centrale, de la part du président Viktor Iouchtchenko”.

Les deux anciens alliés se déchirent à quelques semaines de l’élection présidentielle. Si le Président sortant paraît en grande difficulté face à sa rivale du Bloc Timochenko, un autre candidat pourrait tirer son épingle du jeu. Viktor Ianoukovich, leader du parti des régions et poulain de Moscou semble s’extraire de ce jeu de massacre politique où se mêlent attaques personnelles et affaires judiciaires.

Vladimir Poutine, pour sa part, avait averti dimanche l’Union européenne que ses approvisionnements en gaz russe via l’Ukraine allaient être perturbés si Kiev ne s’acquittait pas de sa facture gazière. Cette déclaration constituant une double pression sur les occidentaux et leurs protégés ukrainiens.

Otjesd : l’immigration russe vue par Clemens von Wedemeyer

Le 9 novembre prochain, seront célébrés les 20 ans de la chute du mur de Berlin. A  l’occasion de cette date anniversaire, Russiactu Prime vous propose de revenir sur « Otjesd » de Clemens von Wedemeyer, un jeune réalisateur allemand qui aime naviguer entre les eaux du cinéma et de l’art contemporain en se jouant des codes. Depuis 1998, il cumule la réalisation de nombreux films expérimentaux et de courts métrages fictionnels à la croisée des genres et des influences.

Le mur de Berlin, invention de la RDA, marquera  l’apogée de la Guerre Froide et de l’opposition de deux « civilisations ». Il aura longtemps érigé la ville allemande comme l’emblème de la confrontation Est-Ouest. Sa chute symbolisera pour beaucoup une ère nouvelle de liberté là où il aurait fallu voir un signe d’épuisement de l’URSS. En 2005, Von Wedmeyer réalise un court métrage intitulé « Otjesd », en anglais « Leaving ». Le résultat visible est un incroyable plan séquence de quinze minutes ou l’artiste se penche sur l’immigration russe en Allemagne. Celle-ci, additionnée au mouvement de près de trois millions d’Allemands « passés à l’Ouest », est considérée par le pouvoir communiste de l’époque comme une remise en cause du régime.

L’URSS déplore en effet le manque à gagner économique engrangé par des flux migratoires qui sont alors vécus comme une fuite des cerveaux et des forces vives. La chute du mur ne fera qu’augmenter l’essor d’un exode moderne ou  nombre de russes sauteront, eux aussi, le pas. Le court métrage, loin de l’insipide « Soleil de nuit » où Mikhail Baryshnikov vient témoigner de la gloire de l’Occident, puise ses influences loin d’Hollywood et de ses strass. Il met d’ailleurs  à l’honneur le travail cinématographique de grands noms russes à l’instar d’Andrei Tarkovsky ou Aleksandr Sokourov. Von Wedmeyer plonge le spectateur dans une scène imaginaire qui se tiendrait en face du consulat allemand de Moscou. Des instants de vie filmés à la dérobade par un lent travelling qui désoriente tout autant que le lieu du tournage : une forêt peuplée de citoyens soviétiques à proximité de Berlin.

Mehdi EL KINDI

 

Le Mur de Berlin, entre disparition et renaissance

Le Mur de Berlin

Quelques lignes dans l’histoire et des milliers de fragments dispersés dans le monde ; voilà ce qui reste du « Mur de la Honte », vingt ans après sa chute. Faute de contrôle par les autorités, ou volonté de faire disparaître ce que fut l’opprobre des berlinois depuis 1961? Une chose est sûre: le gouvernement allemand a perdu la trace du « rideau de fer » depuis longtemps. 

Où est passé le Mur de Berlin? 140 kilomètres se sont évaporés depuis le 9 novembre 1989. Date à laquelle des jeunes allemands tournent une page de l’histoire en brisant tout un chapitre intitulé « Peur et Malheur ». Aujourd’hui ne reste plus grand-chose du sinistre ouvrage. Dès le premier trou, un groupe de berlinois, baptisé les “Mauerspechte”, (pics-verts du Mur), armés de marteaux et de pioches, commencent à grignoter le Mur. Cerise sur le gâteau, des chasseurs de souvenirs accourent du monde entier pour obtenir une pièce de ce trésor unique. 45000 blocs en béton armé disparaissent au profit des trafiquants de vestiges historiques. Plusieurs kilomètres sont alors récupérés par les entrepreneurs de travaux publics, qui s’en servent soit pour construire ou rénover des routes. Des ventes aux enchères sont également organisées et concernent les fresques décorées. La plus célèbre a lieu à Monaco en 1990. Mais qu’est-il arrivé aux pans du centre-ville? Et bien le gouvernement de la RDA s’en est chargé en vendant les plus beaux morceaux aux célébrités internationales. Même Nicolas Sarkozy a eu sa part du gâteau, en mai dernier, quand Angela Merkel lui offre un petit bout de cet héritage national !

A chacun son mur!

Pour célébrer les 20 ans de la chute du Mur, Los Angeles s’en est approprié quelques mètres. Le bloc de béton armé sera installé en face du Musée d’art du comté de la ville. Même la CIA s’est fait plaisir, en acquérant un fragment du rideau de fer pour son nouveau bâtiment dans sa forteresse de Langley. Une partie du mur sécuritaire du no man’s land a été dédiée à la créativité artistique. La preuve: des sections d’un mètre ont été mises à la disposition de plusieurs artistes comme Richard Long, Erik Bulatov, ou encore Robert Longo. Une collection, intitulée ‘‘Artistes pour la Liberté”, voit le jour grâce au collectionneur français, Serge Verger.  “C’est un symbole international, ce n’est même plus un mur. Les gens ont tous leur propre idée de ce qu’il représente”, déclare M. Verger à l’AFP.

Malek SRIOUI